Projets

Exposition individuelle : « Colour and Light » – 12 oct. au 9 nov. – NARS Foundation, Brooklyn

Project Space, NARS Foundation, Brooklyn
12 octobre – 9 novembre 2018
Vernissage: 12 octobre, 18h à 21h

Ayant réduit ma palette au noir et blanc en 2012, je tente depuis 2015 d’intégrer la lumière au tableau, en peignant sur des supports d’acrylique (ou plexiglas), exploitant la transparence, les reflets, la réversibilité et la plasticité de ce matériau. En ajoutant la lumière réelle aux paramètres traditionnels de la peinture abstraite, je cherche à créer une complexité visuelle qui reflète notre époque où l’écran est omniprésent. Cela m’a amenée à réaliser des tableaux tridimensionnels, qui captent la lumière sur toutes leurs faces.

Dans ce nouveau projet, j’ai tenté de réintroduire la couleur dans mon travail, par l’entremise du support. J’ai été séduite par un plexiglas aux couleurs primaires dites fluorescentes, dont les arrêtes projettent de la lumière. En exploitant ce matériau très connoté au design, le défi a été de créer une fascination de la couleur et de la matérialité propre à la peinture. Pour y parvenir, j’ai employé les supports comme s’il s’agissait de peinture : en portant une attention particulière aux effets de couleur et de luminosité qu’ils produisent. Ainsi, j’ai réduit mes interventions peintes pour privilégier des dégradés du clair au sombre, qui se forment quand une épaisse couche d’acrylique s’amincit graduellement pour laisser transparaitre la couleur du support. Ces dégradés modifient subtilement la teinte des panneaux, leur transparence et le degré de lumière qu’ils laissent passer.

J’ai ainsi créé des tableaux tridimensionnels qui s’attachent au mur, mais s’avancent dans l’espace pour capter la lumière. Leurs panneaux de couleurs primaires se superposent, créant de nouvelles couleurs, des effets lumineux et des jeux de (dé)voilement. Le mur lui-même, peint en noir sous certains tableaux, transforme leur teinte et rend explicite cette superposition. Il structure également l’espace d’exposition, quasi installatif. Réversibles, les tableaux se révèlent contradictoires sous leurs différents profils. Pourtant, il est facile de déconstruire mentalement leur structure, qui est entièrement exposée. Ce potentiel d’illusion de la peinture, qui agit même lorsque ses matériaux sont transparents, constitue une part essentielle de ce projet. Entre transparence et opacité, entre illusion et objectité, le tableau déploie ses contradictions d’une manière unique.

Tous mes remerciements à l’École des arts visuels et médiatiques et à la Faculté des arts de l’UQAM, au Conseil des arts et des lettres du Québec, ainsi qu’à la Fondation Joseph Plaskett qui ont soutenu financièrement ce projet. Un merci tout spécial à Éloïse Carrier, mon habile, intelligente et fiable assistante d’atelier. Merci aussi à Danny Glaude, David Allard Martin, Jean Talbot et Mario Baillargeon, qui m’ont aidée à résoudre de nombreux problèmes techniques. Enfin pour son accueil, merci à NARS Foundation.